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Convention collective restauration rapide : le guide complet 2026

Publié: 12 juillet 2026

Convention collective restauration rapide : le guide complet 2026

Camille Nguyen
Rédacteur

1. Qu’est‑ce que la convention collective de la restauration rapide (IDCC 1501) ?

1.1. Champ d’application : quelles entreprises sont concernées ?

La convention collective nationale de la restauration rapide (IDCC 1501) s’applique à toutes les entreprises dont l’activité principale est la vente au comptoir d’aliments et de boissons préparés, servis dans des emballages jetables, que le client consomme sur place ou emporte. On parle souvent de « fast‑food », de « snacking » ou de « restauration rapide ». Les codes NAF les plus fréquents sont le 56.10C (« Restauration de type rapide ») et, dans une moindre mesure, le 56.10A (pour les sandwicheries et pizzerias à emporter).

Un point clé : ne pas confondre avec la convention collective de l’hôtellerie restauration (IDCC 1979). Cette dernière couvre les restaurants traditionnels, les hôtels et les traiteurs où l’on sert à table. Si votre établissement propose majoritairement de la vente au comptoir, vous relevez très probablement de la CCN 1501.

1.2. Distinction avec la convention collective de l’hôtellerie‑restauration (IDCC 1979)

Beaucoup de gérants confondent les deux. Voici quelques repères simples :

  • IDCC 1501 – restauration rapide : pas de service à table, emballages jetables, forte rotation des clients.
  • IDCC 1979 – hôtels, cafés, restaurants (HCR) : service à l’assiette, nappes, souvent une carte élaborée.

Si vous exploitez un « food truck » ou une chaîne de burgers, vous êtes dans le champ de la ccn restauration rapide. Si vous avez un restaurant traditionnel avec serveurs, c’est l’autre convention.

1.3. Code NAF, activité principale et métiers types

Les métiers les plus courants dans la restauration rapide idcc sont :

  • Équipier polyvalent – préparation, encaissement, nettoyage.
  • Livreur – coursier à vélo ou en scooter.
  • Assistant manager – encadrement d’équipe, gestion des stocks.
  • Manager / gérant – responsable d’un point de vente.

Pour déterminer avec certitude votre convention collective nationale, vérifiez votre code NAF sur l’extrait K‑bis. Si le code est 56.10C, vous êtes dans la CCN 1501.

2. Contrat de travail et période d’essai dans la restauration rapide

2.1. Types de contrats et durée maximale du CDD

Les contrats possibles sont le contrat de travail CDI (temps plein ou temps partiel), le CDD et le contrat intérimaire. En CDD, la durée maximale est de 18 mois, renouvellements inclus. Les contrats temps partiel n’ont pas de minimum d’heures dans la CCN elle‑même, mais le code du travail impose désormais un seuil minimal de 24 h par semaine pour les salariés qui le souhaitent (sauf dérogation). Pour les contrats à temps partiel, les heures complémentaires sont majorées à 10 % dans la limite de 1/10 de la durée prévue, puis à 25 % au‑delà.

2.2. Période d’essai : durées par catégorie

La période d’essai est fixée par la ccn restauration et varie selon la classification :

Catégorie Durée initiale Renouvellement possible
Ouvrier (niveaux I à III) 1 mois Oui (1 mois supplémentaire)
Employé 1 à 2 mois selon coefficient Oui (1 mois)
Agent de maîtrise 4 mois Oui (2 mois)
Cadre 6 mois Oui (3 mois)

Ces durées sont maximales. Vous pouvez fixer une période d’essai plus courte dans le contrat. Attention : le renouvellement doit être prévu dans le contrat ou accepté par écrit.

2.3. Renouvellement et rupture pendant la période d’essai

Pendant la période d’essai, chaque partie peut rompre le contrat sans motif, avec un préavis réduit (24 h à 48 h selon l’ancienneté). En cas de démission ou de rupture par l’employeur, aucune indemnités de licenciement n’est due. Pour un salarié ayant moins de 8 jours de présence, le préavis est de 24 h ; entre 8 jours et 1 mois, il passe à 48 h. Au‑delà, le préavis est de 2 semaines. Ces règles sont issues du code du travail et s’appliquent à défaut de dispositions plus favorables dans la convention collective nationale.

3. Durée du travail et conditions de travail

3.1. Base 35h, modulation et durée maximale quotidienne

La durée du travail légale est de 35 h par semaine. La convention collective restauration rapide permet une modulation du temps de travail sur l’année (jusqu’à 1607 h). Attention : la durée quotidienne maximale est de 8h45 sur 4 jours (soit 35 h en 4 jours), mais vous pouvez aller jusqu’à 10 h avec accord. Comme toujours, respectez le code du travail sur les repos.

3.2. Heures supplémentaires et majorations

Les heures au‑delà de 35 h sont des heures supplémentaires. Elles donnent droit à une majoration de salaire : 25 % pour les 8 premières, 50 % au‑delà. Certaines entreprises préfèrent les récupérer sous forme de jours de repos compensateur. Pour les salariés à temps partiel, les heures complémentaires sont limitées à 1/10 de la durée contractuelle (sauf avenant), et majorées à 10 % (ou 25 % si elles dépassent ce seuil).

3.3. Temps de pause et jours de repos

Le temps de pause obligatoire est de 20 minutes consécutives pour 6 h de travail effectif. La CCN prévoit aussi une pause repas d’au moins 30 minutes non payée (sauf si le salarié reste à disposition). Exemple concret : un équipier qui travaille de 11h à 15h puis de 17h à 21h doit bénéficier d’une pause de 20 minutes au cours de chaque bloc de 6 h. La coupure entre les deux services (15h-17h) n’est pas rémunérée sauf si le salarié est tenu de rester dans l’établissement. Les jours de repos hebdomadaires : 2 jours consécutifs, dont le dimanche de principe (sauf dérogation).

3.4. Travail de nuit : majorations et repos compensateur

Le travail de nuit (entre 22 h et 6 h) donne droit à une majoration de salaire de 20 % minimum. Un repos compensateur est également prévu (1 jour pour 3 nuits).

4. Rémunération et primes obligatoires

4.1. Grille de salaire minimale par coefficient et niveau

Les salaires minimums sont fixés par la commission paritaire. Voici un extrait de la grille de salaire en vigueur en 2026 (sous réserve des avenants) :

Niveau Coefficient Salaire mensuel brut minimum
I 140 1 865 €
II 150 1 910 €
III 170 2 045 €
Agent de maîtrise 200 2 350 €

Ces montants évoluent chaque année. Vérifiez la convention collective nationale à jour. Pour les coefficients intermédiaires (par exemple 180 pour un chef d’équipe), le salaire est calculé par prorata ou fixé par avenant.

4.2. Prime annuelle conventionnelle et prime d’ancienneté

Une prime annuelle conventionnelle (souvent appelée « 13e mois ») est versée aux salariés justifiant d’au moins un an d’ancienneté. Son montant est généralement égal à un mois par année de présence, proratisé. Exemple : un équipier à 1 910 € brut par mois touchera 1 910 € de prime annuelle après 12 mois de travail effectif. De plus, une prime d’ancienneté est due après 3 ans d’ancienneté : 3 % du salaire minimal de la catégorie (puis 6 % après 6 ans, 9 % après 9 ans et 12 % après 12 ans). Par exemple, un employé au coefficient 150 (salaire minimum 1 910 €) perçoit une prime d’ancienneté de 57,30 € brut par mois après 3 ans.

4.3. Indemnité de blanchissage et indemnités de panier

La CCN prévoit une indemnité de blanchissage forfaitaire pour le lavage des tenues (environ 5 € par mois). Ce montant peut varier selon les avenants ; renseignez‑vous sur la valeur exacte en vigueur. Les indemnités de panier sont versées lorsque le salarié ne peut pas se restaurer sur place (environ 4,50 € par jour travaillé).

4.4. Fiche de paie : mentions obligatoires

Votre fiche de paie doit mentionner le titre de la convention collective (IDCC 1501), le coefficient et le niveau. En cas d’oubli, c’est une infraction. N’hésitez pas à utiliser un logiciel de paie à jour.

5. Congés payés et absences

5.1. Acquisition des jours de congés

Les congés payés s’acquièrent à raison de 2,5 jours ouvrables par mois par année de travail effectif, soit 30 jours de congés par an (5 semaines). Le calcul se fait en jours ouvrables (du lundi au samedi). Exemple : un salarié travaille 12 mois complets : 2,5 × 12 = 30 jours ouvrables, soit 5 semaines. Pour un salarié embauché en cours d’année, on proratise : 2,5 jours par mois travaillé.

5.2. Fractionnement et jours 1 mois de référence

Le fractionnement est possible si le salarié accepte. Lorsque le congé principal est pris en dehors de la période légale (1er mai – 31 octobre), le salarié a droit à 1 ou 2 jours de congés supplémentaires. Par exemple, si un salarié pose 3 semaines en janvier (hors période), il obtient 2 jours de fractionnement. Ces jours s’ajoutent à son compteur.

5.3. Congés pour événements familiaux

La ccn restauration rapide prévoit des absences rémunérées pour événements familiaux :

  • Mariage du salarié : 4 jours ouvrables
  • Mariage d’un enfant : 1 jour
  • Naissance ou adoption : 3 jours
  • Décès du conjoint : 3 jours
  • Décès d’un parent : 1 jour

Ces absences sont considérées comme du temps de travail effectif pour le calcul des congés payés.

6. Maladie, prévoyance et prise en charge

6.1. Délai de carence et maintien de salaire

En cas d’arrêt maladie, le délai de carence est de 1 jour (non payé) sauf si la CCN prévoit une carence plus courte. Pour les salariés ayant plus d’un an d’ancienneté, l’employeur maintient le salaire pendant 30 jours (à 90 %) après un délai de carence de 7 jours. Ce dispositif est complété par la prévoyance obligatoire.

6.2. Garanties prévoyance obligatoires

La prise en charge des frais de santé et de prévoyance est obligatoire pour tous les salariés. La cotisation est répartie entre employeur et salarié. Les garanties incluent le remboursement des soins courants, et en cas d’incapacité, une indemnité journalière complémentaire. En cas d’arrêt de travail, la prévoyance verse un complément après le délai de carence (généralement 90 jours), à hauteur de 70 % du salaire brut.

6.3. Obligations déclaratives en cas d’arrêt

L’employeur doit transmettre le volet social à l’assurance maladie dans les 5 jours suivant l’arrêt. Il doit également conserver une attestation de salaire pour le maintien de salaire. Le non‑respect de ces délais peut entraîner un rejet de la prise en charge par la Sécurité sociale.

7. Rupture du contrat de travail : préavis et indemnités

7.1. Durée du préavis selon l’ancienneté

En cas de démission ou de licenciement, le préavis varie :

Ancienneté Préavis
Moins de 6 mois 1 semaine
6 mois à 2 ans 1 mois
2 à 5 ans 2 mois
Plus de 5 ans 3 mois

Ces durées sont exprimées en mois par année d’ancienneté. La rupture du contrat peut être à l’initiative de l’employeur ou du salarié. En cas de licenciement pour motif personnel ou économique, l’employeur doit respecter la procédure légale : convocation à entretien, notification de la décision, et respect du préavis.

7.2. Indemnités de licenciement

En cas de licenciement (sauf faute grave), le salarié a droit à une indemnités de licenciement légale (1/5 de mois par année d’ancienneté, plus 2/15 au‑delà de 10 ans). Par exemple, un salarié avec 5 ans d’ancienneté et un salaire de référence de 2 000 € percevra : (1/5 × 2 000 € × 5) = 2 000 €. La CCN ne prévoit pas de montants supérieurs, mais certaines entreprises appliquent un accord plus favorable.

7.3. Cas de démission

En cas de démission, le salarié doit respecter un préavis (tableau ci‑dessus). S’il ne le fait pas, l’employeur peut retenir une indemnité compensatrice. Aucune indemnités de licenciement n’est due.

8. Les erreurs RH fréquentes à éviter en restauration rapide

8.1. Oubli de la prime de blanchissage ou de la prime d’ancienneté

La prime annuelle conventionnelle et l’indemnité de blanchissage sont souvent oubliées. Résultat : des rappels de salaire et des prud’hommes. Pensez à les inclure dans votre logiciel de paie.

8.2. Non‑respect du délai de carence en cas de maladie

Certains employeurs paient la maladie dès le premier jour, d’autres appliquent un délai de carence trop long. Respectez la CCN et le code du travail : la carence maximale est de 7 jours pour le maintien de salaire.

8.3. Mauvais calcul des congés payés pour les temps partiel

Les salariés à temps partiel acquièrent les mêmes jours de congés (2,5 jours ouvrables par mois). Attention à ne pas proratiser leur prise en charge selon la durée de travail – c’est interdit.

8.4. Méconnaissance des obligations liées au travail de nuit et aux coupures

Les coupures (pause entre deux services) doivent être rémunérées si le salarié reste à disposition. Le travail de nuit impose une majoration de salaire et un suivi médical. Ne négligez pas ces points pour éviter des sanctions.

8.5. Erreur sur les temps de pause et les coupures

Un piège fréquent consiste à considérer la coupure (par exemple 2 heures entre un service du midi et un service du soir) comme du temps libre. Or, si le salarié doit rester dans l’établissement ou être joignable, cette période est du temps de travail effectif et doit être rémunérée. La CCN est claire : seule une pause véritablement libre (sans contrainte) peut être non payée. Veillez donc à organiser les plannings de manière à éviter les coupures non rémunérées ou à les intégrer dans le temps de travail.

9. Questions fréquentes sur la convention collective restauration rapide

9.1. Quelle convention s’applique à mon entreprise ?

Vérifiez votre code NAF et l’activité principale. Si vous êtes un fast‑food, sandwicherie, pizzeria à emporter ou food truck, c’est la ccn restauration rapide (IDCC 1501). Si vous servez à table, c’est l’hôtellerie‑restauration (IDCC 1979).

9.2. Quels sont les salaires minimums par poste ?

Consultez la grille de salaire mise à jour chaque année par la commission paritaire. En 2026, le salaire de base pour un niveau I est de 1 865 € brut. La prime annuelle conventionnelle et la prime d’ancienneté s’ajoutent ensuite.

9.3. Comment gérer les heures supplémentaires et les coupures ?

Les heures supplémentaires sont majorées à 25 % ou 50 %. Les coupures ne sont payées que si le salarié reste à disposition. La durée du travail maximale quotidienne est de 10 h (avec accord) et 8h45 sur 4 jours.

9.4. Quels congés pour un mariage ou un décès ?

Le salarié bénéficie de 4 jours pour son propre mariage, 1 jour pour le mariage d’un enfant, 3 jours pour une naissance, 3 jours pour un décès du conjoint ou d’un parent proche. Ces jours de congés sont rémunérés et ne réduisent pas le compteur de congés payés.

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